L'Archiborescence

ARCHIBORESCENCE

     
 

JARDINS VERTICAUX

AUTOROUTE A 29 - Projet 1996
   
   
 

La plupart des barrières de péage atterrissent sur les autoroutes sans aucun lien avec le contexte naturel, sans identité culturelle
précisée donc complètement interchangeables avec n'importe quel autre pays de la planète. Ces types de constructions sont uniquement des objets rationnels high tech.
Pourtant rien n’empêche qu’elles soient de véritables portes pour une région.
Les touristes traversant une contrée par autoroute ne vont pas apercevoir beaucoup d'architecture, aussi le seul élément vraiment très concret qu'ils vont pouvoir approcher à faible vitesse est la barrière de péage. De ce fait, les pouvoirs régionaux considèrent que si l'on veut avoir une image même fugitive de leur paysage construit, il faut investir dans un travail de qualité."

L’environnement rural du pays de Caux est marqué par des paysages plats. Les vastes champs agricoles sont ponctués de fermes entourées d’un double ou quadruple carré d’arbres.
Ces alignements d’arbres à hautes tiges tels hêtres ou ormes sont implantés au-dessus d’un talus faisant office de coupe-vent. Ils délimitent dans le paysage agraire un espace fermé, majestueux et calme.

L’environnement de la barrière de péage va s’inspirer largement de toutes les composantes de ce paysage.

La forme arborescente de l’auvent viendra compléter le double alignement d’arbres et fermer la perspective. Cette implantation prolongera le bâtiment dans son environnement, lui conférant ainsi une dimension maximum.

La charpente est coiffée par une ondulation verte constituées par un vaste tapis de graminées diverses. Sous l’effet du vent, celui-ci change de couleur en vagues successives, et ces tonalités s’adaptent à chaque saison.

L’alignement d’arbres n’est pas la seule composante marquante de cette contrée : les falaises de craie blanche, en couches alternées avec les silex noirs, constituent une autre caractéristique puissante du pays de Caux.

Ce haut mur d’une centaine de mètres se dresse face à l’océan et s’étend à perte de vue : à ses pieds, une plage de gros galets et à son sommet, une ondulation verte forme le toit de l’édifice et le début de la campagne.

La puissance de cette architecture naturelle a largement inspiré les bâtisseurs des maisons vernaculaires cauchoises. Bon nombre des fermes traditionnelles sont en effet construites sur un principe de strates horizontales constituées de larges pans en pierres calcaires, zébrés de bandes plus minces en briques de terre cuite.

Les matériaux utilisés pour les bâtiments autour de la barrière de péage s’inspireront de la même typologie. Au pied des murs, on trouvera un lit de gros silex gris et les murs eux-mêmes seront constitués de pierres de calcaire blanches alternées de briques de terre cuite. La toiture gauche sera formée par un ensemble de bacs en béton auto-portants couverts de végétation.

La construction la plus traditionnelle et la plus caractéristique de la région reste la maison ou la grange à colombage ou pans de bois, procédé de construction en nervure qui tire son origine du Moyen-Age.

Sa charpente est faite de chêne massif, ses murs sont d’une même structure, refermés par du plâtre ou de la bauge, mélange de paille et d’argile.

Si cette charpente n’est plus un modèle actuel, il reste toutefois possible de s’inspirer du matériau utilisé et de certaines des formes générées par ce type de structure.

La charpente aux formes arborescentes est prévue en bois lamellé-collé, assemblé sur des plaques métalliques goujonnées.
Ce type de structure constitue une technique de charpenterie contemporaine fiable et bon marché.
Et son traitement à l’autoclave donnera une excellente garantie de résistance dans le temps et permettra une bonne intégration dans le paysage normand.