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ARCHIBORESCENCE

     
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L'AUTEUR : LUC SCHUITEN
 
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LES CITES ARCHIBORESCENTES

LA CITE DES VAGUES
 
 

   

Implantée en bordure d’un lac et entourée de montagnes, cette cité à la morphologie ondulante, rythmée en séquences de vagues, se présente comme une prolongation de son environnement aquatique.
La ville, majoritairement constituée d’organismes vivants, se renouvelle en permanence par un lent déplacement autour du lac. Cette transhumance s’effectue au rythme de la durée de vie de sa structure principale : l’arbre.
La partie habitée de cette forêt urbaine occupe près d’un quart des vallées entourant le lac central. Le restant du pourtour est constitué, dans le sens du déplacement de la cité, d’une forêt arrivée à maturité et qui est en cours d’aménagement par de nouveaux occupants. Puis s’étend sur la plus grande partie du territoire la jeune forêt en développement, sous la surveillance étroite des architectes jardiniers. Dans la dernière partie se trouvent les arbres morts en pleine décomposition, leur humus va servir à enrichir la terre des nouvelles forêts et le cycle sera bouclé.

Il faut compter pas loin de 500 ans pour réaliser un cycle complet. Cette cité fonctionne comme un super organisme doté des caractéristiques suivantes : autorégulation, homéostasie, métabolisme.
Des architectes jardiniers en sont les gestionnaires. Ils veillent en permanence à maintenir tous les équilibres nécessaires à la bonne santé des arbres vivants et de leurs occupants, considérés comme un tout indissociable vivant en symbiose.

La partie la plus surprenante et innovante de cette ville n’est pas perceptible dans les dessins d’architecture. Les philosophes qui sont à l’origine de la conception des principes de fonctionnement ont commencé à orienter les efforts des chercheurs, toutes disciplines confondues, vers une amélioration du rapport poids-puissance de l’homme. Refusant l’idée généralement admise que l’humain resterait à tout jamais le détenteur du plus mauvais rapport poids-puissance du règne animal, les chercheurs sont parvenus à établir un processus de mutation accélérée, basé sur des modèles naturels. Le choix de cette méthode de travail, qui évite tous les dangers des manipulations génétiques, prend malheureusement beaucoup de temps. Un millénaire sera donc nécessaire pour achever toutes les mutations désirées pour les populations humaines, pour les arbres et pour l’ensemble des organismes vivants qui contribue à former ce nouvel écosystème.

En final, le rapport amélioré de 200% permet à tout individu en bonne santé de monter sans grande fatigue au huitième étage d’un immeuble. Pour faciliter l’ascension, le principe même de l’escalier a été entièrement réétudié. Le déplacement se fait suivant un mouvement de virage alterné de type slalom . Ce mouvement est plus harmonieux et bien moins fatigant car il évite le tournis des escaliers classiques sur plan rond et même carré. L’originalité de cette disposition réduit l’effort nécessaire par le balancement du mouvement slalom qui induit une énergie propre facilitant l’ascension.
Ce déplacement sur un tracé sinusoïdal prend son modèle sur les origines de notre conception ; c’est le mouvement du spermatozoïde dans sa course vers l’ovule ou celui du serpent.
Les déplacements sur de courtes distances à l’intérieur de la cité se font généralement à pied dans une sorte de footing amélioré par les mutations et par des chaussures capables d’absorber l’énergie de chaque mouvement et de la restituer dans une propulsion vers le haut.
La bicyclette permet aujourd’hui un déplacement de l’ordre de 30km/h avec un effort musculaire des jambes trois fois moindre que le coureur à pied se déplaçant à même vitesse.
Cette nouvelle génération de footing de haute biotechnicité donne des performences de 45 km/h pour un effort comparable à un cycliste roulant à 30 km/h. De plus, le déplacement dans la longue foulée aérienne a pour effet de métamorphoser un simple déplacement en acte d’expression corporelle proche de la danse. Afin de diminuer encore le poids et les risques d’accident, bon nombre de danseurs sont équipés de protections gonflées à l’hélium faisant office d’air bag.
Pour les plus longues distances, on préfère généralement l’utilisation du V.E.LA.U.M.E : Véhicule Léger Autonome Urbain, Modulable à Emboîtement. Ce petit véhicule monoplace ou biplace a un espace extensible pouvant être occupé par 2 jeunes enfants ou des bagages. Il est modulable dans le sens d’ augmenter la capacité de chargement ; on peut utiliser plusieurs véhicules s’emboîtant l’un dans l’autre. Il est mu par l’énergie solaire et par un apport facultatif d’énergie musculaire. Celle-ci permet simplement d’augmenter la vitesse de déplacement du convoi et offre aussi la possibilité d’entretenir sa bonne forme physique par un effort approprié.


 




 
         
 
 
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