Implantée
en bordure d’un lac et entourée de montagnes, cette
cité à la morphologie ondulante, rythmée
en séquences de vagues, se présente comme une prolongation
de son environnement aquatique.
La ville, majoritairement constituée d’organismes
vivants, se renouvelle en permanence par un lent déplacement
autour du lac. Cette transhumance s’effectue au rythme de
la durée de vie de sa structure principale : l’arbre.
La partie habitée de cette forêt urbaine occupe près
d’un quart des vallées entourant le lac central.
Le restant du pourtour est constitué, dans le sens du déplacement
de la cité, d’une forêt arrivée à
maturité et qui est en cours d’aménagement
par de nouveaux occupants. Puis s’étend sur la plus
grande partie du territoire la jeune forêt en développement,
sous la surveillance étroite des architectes jardiniers.
Dans la dernière partie se trouvent les arbres morts en
pleine décomposition, leur humus va servir à enrichir
la terre des nouvelles forêts et le cycle sera bouclé.
Il
faut compter pas loin de 500 ans pour réaliser un cycle
complet. Cette cité fonctionne comme un super organisme
doté des caractéristiques suivantes : autorégulation,
homéostasie, métabolisme.
Des architectes jardiniers en sont les gestionnaires. Ils veillent
en permanence à maintenir tous les équilibres nécessaires
à la bonne santé des arbres vivants et de leurs
occupants, considérés comme un tout indissociable
vivant en symbiose.
La
partie la plus surprenante et innovante de cette ville n’est
pas perceptible dans les dessins d’architecture. Les philosophes
qui sont à l’origine de la conception des principes
de fonctionnement ont commencé à orienter les efforts
des chercheurs, toutes disciplines confondues, vers une amélioration
du rapport poids-puissance de l’homme. Refusant l’idée
généralement admise que l’humain resterait
à tout jamais le détenteur du plus mauvais rapport
poids-puissance du règne animal, les chercheurs sont parvenus
à établir un processus de mutation accélérée,
basé sur des modèles naturels. Le choix de cette
méthode de travail, qui évite tous les dangers des
manipulations génétiques, prend malheureusement
beaucoup de temps. Un millénaire sera donc nécessaire
pour achever toutes les mutations désirées pour
les populations humaines, pour les arbres et pour l’ensemble
des organismes vivants qui contribue à former ce nouvel
écosystème.
En
final, le rapport amélioré de 200% permet à
tout individu en bonne santé de monter sans grande fatigue
au huitième étage d’un immeuble. Pour faciliter
l’ascension, le principe même de l’escalier
a été entièrement réétudié.
Le déplacement se fait suivant un mouvement de virage alterné
de type slalom . Ce mouvement est plus harmonieux et bien moins
fatigant car il évite le tournis des escaliers classiques
sur plan rond et même carré. L’originalité
de cette disposition réduit l’effort nécessaire
par le balancement du mouvement slalom qui induit une énergie
propre facilitant l’ascension.
Ce déplacement sur un tracé sinusoïdal prend
son modèle sur les origines de notre conception ; c’est
le mouvement du spermatozoïde dans sa course vers l’ovule
ou celui du serpent.
Les déplacements sur de courtes distances à l’intérieur
de la cité se font généralement à
pied dans une sorte de footing amélioré par les
mutations et par des chaussures capables d’absorber l’énergie
de chaque mouvement et de la restituer dans une propulsion vers
le haut.
La bicyclette permet aujourd’hui un déplacement de
l’ordre de 30km/h avec un effort musculaire des jambes trois
fois moindre que le coureur à pied se déplaçant
à même vitesse.
Cette nouvelle génération de footing de haute biotechnicité
donne des performences de 45 km/h pour un effort comparable à
un cycliste roulant à 30 km/h. De plus, le déplacement
dans la longue foulée aérienne a pour effet de métamorphoser
un simple déplacement en acte d’expression corporelle
proche de la danse. Afin de diminuer encore le poids et les risques
d’accident, bon nombre de danseurs sont équipés
de protections gonflées à l’hélium
faisant office d’air bag.
Pour les plus longues distances, on préfère généralement
l’utilisation du V.E.LA.U.M.E : Véhicule Léger
Autonome Urbain, Modulable à Emboîtement. Ce petit
véhicule monoplace ou biplace a un espace extensible pouvant
être occupé par 2 jeunes enfants ou des bagages.
Il est modulable dans le sens d’ augmenter la capacité
de chargement ; on peut utiliser plusieurs véhicules s’emboîtant
l’un dans l’autre. Il est mu par l’énergie
solaire et par un apport facultatif d’énergie musculaire.
Celle-ci permet simplement d’augmenter la vitesse de déplacement
du convoi et offre aussi la possibilité d’entretenir
sa bonne forme physique par un effort approprié.