L'Archiborescence

ARCHIBORESCENCE

     
 


EVOLUTION URBAINE


VUES DE LAEKEN DE 1800 A 2200
 

 

Année 1800

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Année 1900    

 

 

 

 

 

 

 

Année 2000

 

 

 

 

 

 

 


Année 2100

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Année 2200

D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?
C’est par cette triple interrogation que Paul Gauguin a intitulé une de ses œuvres, considérée comme son testament spirituel.
Etait-ce pour pouvoir répondre définitivement à cette question philosophique que le peintre a tenté, sans succès, de se suicider, une fois son tableau achevé ?
Ces questions existentielles et fondamentales se posent à nous de façon récurrente et avec une inquiétude proportionnelle à l’augmentation de la dégradation de notre environnement naturel et social.
Les hommes politiques, qui président à notre destinée par le choix des orientations futures de la société, ont une vue dont la portée ne dépasse que très rarement les échéances électorales. Ainsi, de courtes vues en brèves échéances, nous avançons sans jamais remettre en question fondamentalement cette société industrielle dégradante pour l’homme et destructrice pour la planète avec son lot d’injustices et de misères sociales.
Afin de garder les quelques avantages de confort que nous apporte celle-ci, nous préférons ignorer qu’il existe d’autres formes de développement orientées vers des modèles copiés sur des systèmes pris dans la nature.
Pendant plusieurs milliard d’années, la planète terre n’a jamais cessé de se modifier, se complexifier, créant de toute pièce des organismes de plus en plus sophistiqués. Depuis l’avènement de l’âge industriel, il y a près de deux siècles, nous avons réussi à éliminer de la planète 10% des espèces animales existant précédemment, à mettre en péril autant d’autres par la destruction de leur environnement, et à perturber durablement l’atmosphère et le climat de la terre, menaçant ainsi la vie de millions d’habitants.
La direction que nous avons prise ne serait donc pas la plus profitable pour l’humanité. Faire marche arrière et retourner à un âge pré-industriel et faire table rase de tous nos acquis technologiques est évidemment inconcevable. Il nous faut donc envisager de nouvelles sciences alliant la biologie au développement durable, qui, progressivement, viendraient concurrencer les technologies classiques, puis, à plus long terme, les supplanter définitivement.
Dès aujourd’hui nous pouvons observer des changements de comportement annonciateurs d’un bouleversement plus important tel que l’émergence du concept de développement durable. Cette façon de redéfinir le bilan réel de notre action en tenant compte de tous les paramètres environnementaux, sociaux, économiques, à longue échéance, est certainement un premier pas dans la bonne direction.
Aux Etats-Unis, un groupe de chercheurs, le Rocky Mountain Institute, a acquis une sérieuse expérience en matière de développement de moyens de production avec l’emploi exclusif des énergies renouvelables.
Dans l’hypothèse d’un avenir situé non plus en ligne droite dans la prolongation de notre passé mais dans un tournant radical, quelle serait la nouvelle image de notre paysage urbain ? Comment celui-ci évoluerait-il étape après étape depuis aujourd’hui jusque dans deux siècles ?



C’est pour répondre à cette question que j’ai choisi le site de Laeken au nord de Bruxelles, pour la grande diversité de ses zones d’activités et de ses voies de communication : route, train, canal.
La vue aérienne comprend une large avenue débouchant sur l’église de Laeken . Au lointain, l ‘ Atomium, point de repère internationalement connu, émerge entre les arbres. L’avant-plan montre le square Jules de Trooz entouré d’immeubles de logement.
Les deux premières perspectives pour les périodes de 1800 et 1900 ont été recomposées à partir de centaines de documents d’époque afin de donner une image réaliste du passé. Le dessin de la période actuelle a été établi sur base de plusieurs photos aériennes.



Les projections dans le futur, orientées vers un développement écologique, prennent toutes modèle sur des environnements naturels. A l’intérieur des collines, rochers et falaises, on trouve des habitations articulées autour des voies de communication.
Par un examen attentif, on peut découvrir comment s’installent progressivement, sur les nouvelles toitures des maisons, des jardins promenade tout en préservant des ensembles de maisons de type 19ème siècle.
Le canal, au fil du temps, devient un lieu de plus en plus ludique pour finalement être couvert par une vaste structure transparente chauffée par le soleil . Sous cette fine membrane passe régulièrement une grande vague qui fait la joie des surfeurs et autres véliplanchistes. De part et d’autre du canal, des plages sont aménagées le long de l’eau, elles sont entrecoupées de plantations exotiques adaptées au climat chaud et peu humide de cette longue et vaste serre.



L’urbanisme de la ville est resté bien ancré dans un modèle de développement ancestral avec ses maisons mitoyennes bordant les rues. Cette configuration classique a permis une évolution lente du patrimoine construit sans pour autant devoir détruire les constructions les plus anciennes.
Les modes de déplacement ont subi des bouleversements plus radicaux. La mise au point d’une petite city-car révolutionnaire pour les liaisons interurbaines et de courtes distances, a été le premier pas vers une autre conception du transport de passagers. D’un poids total n’excédant pas la centaine de kilos, ces voiturettes sont construites à partir de structures dérivées de bambous avec leurs tiges et leurs feuilles tissées et renforcées par une résine protectrice. La propulsion de ces véhicules est assurée par la contribution de tout un ensemble d’énergies renouvelables, à commencer par l’énergie solaire produisant de l’électricité. Celle-ci est stockée dans des bio-piles situées à l’intérieur de la structure des bambous. Ces piles sont aussi alimentées dans une moindre mesure par l’électricité statique et par la récupération de l’énergie du vent. Chaque véhicule est équipé d’un pédalier et de propulseur manuel pour fournir facultativement et suivant les possibilités de chacun une énergie complémentaire. Les engins sont guidés automatiquement sur un rail central. Libre à chacun de rentrer dans un couloir et d’en sortir pour en rejoindre un autre. Le faible poids de ce véhicule était un handicap majeur au milieu d’une circulation automobile lourde. Pour des raisons de sécurité, les urbanistes ont commencé par diviser les couloirs de circulation en 2 catégories suivant leur poids. Ce système transitoire sera abandonné à brève échéance, vu le désintérêt des automobilistes pour les véhicules lourds, très onéreux, polluants et vite considérés comme anti sociaux.
Le transport de marchandises va suivre une voie différente. Placées dans des containers de tailles variables et reliés entre eux en grands chapelets, ceux-ci se déplacent sur toutes sortes de voies navigables adaptées et formant un nouveau réseau avec embranchements et aiguillages vers des vastes zones de stockage et de tri… Des containers de petite taille transiteront à l’intérieur des villes par l’ancien réseau d’égout complètement réaménagé dans cette perspective. Pour ce faire, le système d’égouttage des eaux usées a été supprimé. Chaque maison doit obligatoirement posséder une mini station d’épuration et recycler non seulement l’eau mais la grande majorité de ses ordures devenues source d’énergie.
Le transport de personnes sur de plus grandes distances se réalise de deux façons différentes : les dirigeables assurent la plus grande partie des liaisons, mais comme ils sont tributaires des vents et que ceux-ci ne correspondent pas toujours à la destination souhaitée, il s’avère parfois nécessaire de se rabattre sur des canaux navigables. Très nombreux, ils servent surtout à la navigation de plaisance et au transport de marchandises, mais dans les couloirs qui leur sont strictement réservés. Mus par différents moyens de propulsion, ces bateaux prennent généralement leur énergie dans l’eau des canaux et dans les algues qui les peuplent.