Cette
grande cité futuriste doit son nom à une vague ressemblance
avec le Grand Canyon du Colorado.
Au niveau intermédiaire, un plateau de jardins est découpé
par de larges failles labyrinthiques comme autant de craquelures
dans un sol trop sec.
Le niveau inférieur, couvert d’eau douce, est parcouru
par toutes sortes d’embarcations mues en silence et à
bonne vitesse par des énergies renouvelables.
Chacun de ces îlots est construit suivant un procédé
de coulage d’une nouvelle sorte de béton de silicate,
dans un coffrage d’aspect rocheux. Ce matériau est
transparent depuis l’intérieur des constructions
; depuis l’extérieur, il a une couleur variant de
l’ocre au violet. Les parois et le sol intérieur
sont opaques. L’ensemble est étudié pour jouer
le rôle de capteur, stockeur et rediffuseur de l’énergie
solaire.
Au centre de la surface supérieure de ces îlots,
on trouve des étangs à l’eau claire. Leurs
parois et les fonds sont constitués de résille structurelle
et de membranes translucides qui laissent pénétrer
abondamment la lumière. Dans ces eaux peu profondes évoluent
quelques poissons d’élevage. Le pourtour de ces étangs
est arboré et agrémenté d’une grande
variété de graminées et de fleurs sauvages.
Au travers la transparence de l’eau et du fond, on peut
apercevoir les jardins intérieurs de l’îlot
et les façades à structure arborescente. Ces vastes
patios bénéficient en toutes saisons d’un
climat stable et constant par l’utilisation savante d’un
grand nombre d’écosystèmes.
Tous ces îlots sont reliés entre eux par des passerelles
pour permettre le déplacement à vitesse réduite
des piétons et cyclos, dans un environnement calme, et
bucolique.
La perspective générale laisse entrevoir au loin
un espace plus ouvert, entièrement inondé, puis
des immeubles deux fois plus hauts : c’est le centre urbain
avec toutes ses fonctions administratives, récréatives
et surtout culturelles. C’est le lieu de tous les échanges.